Samedi 11 octobre, Poitiers a été victime, par surprise, d'un vandalisme organisé par ce que certains appellent l'ultra-gauche. Toujours est-il qu'entre 200 et 300
personnes encagoulées s'en sont pris violemment aux biens (et heureusement pas aux personnes) sous un prétexte "anti-carcéral". Parmi ces biens, pas le moindre, le baptistère Saint-Jean,
constuit au IVème siècle sous l'épicopat de Saint Hilaire et désaffecté depuis la Révolution française. A noter que le site du baptistère a été scandaleusement
défiguré dans les années 1980 par la municipalité avec la construction proche de l'Espace Mendès France. Le baptistère Saint-Jean, donc, a été tagué ce samedi. On peut y lire
l'inscription latine : "omnia sunt communia" qui signifie "tout est en commun". Que veut dire l'auteur de ce tag ? Peut-être dénonce-t-il le
principe de propriété privée. Sait-il que ces trois mots sont extraits d'une expression : "in extrema necessitate omnia sunt communia, id est communicanda"?
On retrouve cette expression médiévaledans la note (11) de la consitution pastorale Gaudium et Spes sur l'Eglise dans le monde se ce
temps dans les Actes Concile Vatican II. Note à propos de la phrase : "Quant à celui qui se trouve dans l'extrême nécessité, il a le droit de se
procurer l'indispensable à partir des richesses d'autrui" (Gaudium et Spes, Les biens de la terre sont destinés à tous hommes§69.1). Par là, le Concile entend relativiser le principe de propriété privée et appelle à la responsabilité de chacun quant à l'usage de
ses biens propres : que les choses appartenant à tout homme "puissent profiter non seulement à lui, mais aussi aux autres". On peut même dire que le vol, en cas d'extrême nécessité, n'est pas vraiment un vol. Bref, en tout cas, s'attaquer aux biens publics
(monument historique, abri-bus, vitrines de magasins, banques...) est à l'antipode de ce principe inscrit (et vite effacé) sur le baptistère.
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